SDF. ET EUX ?

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crédit: Lee Jeffries

 

Crédit : i-darkness-things

C’est la guerre. E. Macron l’a répété 6 fois, comme pour nous en informer, que l’on en soit bien sûre, tandis que le peuple le lui a déclaré il y a 16 mois. Parmi les revendications des Gilets Jaunes et des citoyens en colère, trône celle du sort des sans-abris. C’était d’ailleurs, un des engagements de E. Macron : plus aucun sans-abri, comme Jospin, Chirac ou encore Sarkozy. Ils sont officiellement 150 000, ce chiffre serait plus proche de 250 000 selon les associations dont 37 000 enfants et voilà que la guerre, la leur, est déclarée. Et que va t-il advenir des nôtres dehors ? Ceux à qui l’on promet tout ? Ceux qui sont les objets utiles des campagnes électorales ? Ceux qui sont le plus abîmés par le système ? Ceux qui résistent tout court ? Ceux qui sont le plus exposés?

La Fondation Abbé-Pierre, Emmaüs et l’Armée du Salut ont écrit au ministre du Logement, Julien Denormandie, pour demander le maintien des 14 000 places d’hébergement ouvertes cet hiver et pour qu’aucun SDF ne soient remis à la rue sans solution d’hébergement après le 31 mars. Ils ont obtenu gain de cause et la trêve est repoussée au 31 mai. Et puis ?…
Le Covid-19, dont on ne sait que peu de chose, nécessite un isolement, or, comment appliquer les mesures de confinement pour tous ceux sans abri ?
La Direction Générale de la Cohésion Sociale a demandé aux Préfets de recenser des lieux qui pourraient être aménagés provisoirement. Ils vont enfin donner les espaces vides à la population. Fallait-il qu’il surgisse une nouvelle fois un drame pour que l’état réagisse ? A moins qu’ils ne construisent, car l’annonce exacte de la Préfecture d’Ile de France pour exemple est : “Nous travaillons à la mise en place d’un site régional en capacité d’accueillir des personnes fragiles en situation d’hébergement ou de rue contaminées par le Covid-19 mais dont l’état de santé ne nécessite pas une hospitalisation. Ce public sera bien entendu suivi par le corps médical”.
Après vérification auprès d’une responsable du 115, il est bien question que chaque région et département doivent mettre à disposition des locaux qui permettent l’isolement et les soins adéquats. Aucun chiffre ne m’a été communiqué pour l’heure ; en revanche, impossible d’oublier les 57 millions qu’E. Macron a retiré aux crédits de l’hébergement d’urgence en 2019.

En attendant, ceux et celles qui vivent au travers des quelques 3000 structures existantes (CHRS, Maison relais, Centre Hébergement Urgence, etc…) sont majoritairement inadaptés pour le confinement. Malgré toute la bonne volonté des travailleurs sociaux et bénévoles, il est nécessaire de s’entourer de personnel médical d’autant plus qu’ils et elles sont en majorité des populations à risque, fragiles et souvent malades. Au CHRS de Sète, ils m’ont assuré que les 250 places étaient prises mais qu’ils continuaient les admissions « Nous avons encore du matériel mais peu et nous recevons beaucoup de solidarité de la part des restaurateurs, des gens lambda, ça fait plaisir. » A Montpellier, ils me confient que leurs masques datent de 2015 et que la banque alimentaire se vide.
Les maraudeurs ont eux aussi plusieurs facteurs de risque à prendre en compte, ils sont très exposés et la nourriture manque puisque « les restaurateurs
donateurs sont fermés » m’explique t’on. Dans la voix du Nord l’on peut lire le témoignage de Monique, une bénévole marseillaise de l’association Vendredi 13 raconte : « On a déjà dû arrêter les distributions de nourriture sur la voie publique, car cela générait trop de promiscuité entre les personnes (..). ». Plus inquiétant encore, une autre bénévole assure que la structure d’accueil dont elle s’occupe a fermé mardi dernier.

Toutes les structures n’ont pas d’autres choix que de vivre au jour le jour espérant que leurs commandes de matériel médical leur soit livré en temps et en heure et qu’ils puissent faire face. Or au 13 mars on déplorait déjà une vingtaine de cas avérés dans des centres d’hébergement d’urgence, dont 14 à Paris dans un centre médicalisé du XIVe arrondissement. Près de 250 000 personnes sont accueillis en centre d’hébergement d’urgence, dont 100 000 sont demandeurs d’asile.

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Florent Guéguen, directeur de la Fédération nationale des acteurs de la solidarité (FNARS), est sans doute celui qui en parle mieux, alerte le plus : « Ces personnes cochent toutes les cases du virus, souffrant parfois de maladies chroniques ou de toxicomanie. Dans les centres, il n’y a pas de personnel médical, pas d’accès aux tests. On manque de matériel de protections et solliciter le 115 déjà surchargé reste compliqué » Il met en garde sur un risque de “catastrophe sanitaire” si les sans-abri sont les grands oubliés de la crise du coronavirus. « Nous avons été saisis de quelques cas. Ce qui entraîne une inquiétude chez les travailleurs sociaux. Nous n’avons reçu aucun masque. Les personnes faisant les maraudes, s’occupant de la distribution alimentaire de rue se posent aussi des questions. »

Un autre facteur aggravant est que l’assistance aux sans-abris est souvent l’affaire des bénévoles, des citoyens, des plus vulnérables qui ne sont pas prioritaires pour les équipements et les associations craignent une baisse de 40% de leurs équipes. La plupart ne verront pas de médecin s’ils ne sont pas accompagnés, ils ne suivront pas non plus leur traitement s’ils n’y sont pas encouragés. Pour le moment, le gouvernement envisage la visite de médecins dans les centres en mobilisant les équipes de réserve, la création de centres d’isolement pour les personnes malades, la suppression des activités d’animation en maintenant l’ouverture des centres. Il ne fait qu’envisager ce qui saute au visage : l’abandon. Ne nous abandonnons pas, ne l’envisageons pas. Pensez à eux lors de vos sorties minimes. Voilà les liens d’une partie de ceux qui ont besoin de nous tous :
http://www.toitamoi.net/fr
http://www.robinsdesrues.org/
https://blog.entourage.social/2017/04/13/les-associations-de-maraude-pour-les-nuls/
https://www.protection-civile.org/adpc/
https://www.secourspopulaire.fr/secours-populaire

Maud

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maudmargainaud
Passionnée et engagée, je suis toujours en quête de vérité. A l'écoute du mouvement des Gilets Jaunes depuis sa naissance, j'ai immédiatement été saisie par les mensonges des médias et ai souhaité participer au rétablissement de la vérité et la transmission d'informations réelles. Rejoindre Vécu a été pour moi l'opportunité de travailler au sein d'un média citoyen et indépendant dont l'éthique est irréprochable et coordonnée à mon système de valeurs. A travers des articles et des lives je tente de partager avec vous mon regard le plus impartial et militant.

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