URGENCE ÉCOLOGIQUE : STOCAMINE : VÉCU DÉMINE LE SUJET

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Crédit LibérationQu’est ce que Stocamine ? C’est une filiale de la société des mines de Potasse en Alsace. Plus précisément c’est ce que l’on nomme un « GIP » Groupement (dit) d’intérêt Public, créé et géré à 50/50 par StocaMine et la mairie de Wittelsheim. Le procédé est simple : utiliser les anciennes mines de sel pour y stocker les déchets toxiques de classe 0 (hautement toxiques) et 1 (dangereux). C’est le seul site à ne jamais avoir été légalement autorisé, à recevoir des déchets de « classe 0 » en couches géologiques profondes, en France métropolitaine.

Le 3 septembre 2002, les odeurs étaient telles, que le site a été inspecté à la demande d’une association de défense de l’environnement. Le 10 septembre suivant, un incendie se déclare et ne sera maîtrisé que 2 mois plus tard, le 21 novembre 2002. Les analyses des gaz et fumées démontreront une quantité supérieure aux valeurs admissibles en dioxines, benzènes, acides…74 personnes sont intoxiqués.

Stocamine ferme définitivement ses portes, laissant derrière elle, près de 44 000 tonnes de déchets enfouis, à plus de 550 mètres de profondeur dans des galeries dont, la vétusté ne faisait que croître. Les années qui suivirent n’ont été que guérillas administratives entre collectifs écologiques, mouvements citoyens contre l’état pour obtenir l’extraction totale des déchets, soit un coût de 45 millions d’euros. En continu, se succèdent des expertises, des consultations, des recours aux tribunaux, des réclamations de moratoire, des commissions d’enquêtes parlementaires, des pétitions, des rassemblements, des demandes de rendez-vous avec Nicolas Hulot, qui confirmeront en 2017 le stockage au grand dam des associations écologistes et des citoyens.

En 2016, un souffle d’espoir gagne les militants quand 93% des déchets de mercure (uniquement) sont extraits ; un espoir aussitôt rattrapé par la grogne quand en février 2018, le tribunal rejette la totalité des recours déposés et prolonge le stockage pour une durée illimitée.

Depuis 17 ans, la plus grande nappe phréatique en eau potable d’Europe dort sur de l’amiante, du cyanure, de l’arsenic, des pesticides, qui tôt ou tard, empoisonneront. Les expertises sont formelles, les citoyens le savent. La roche s’est largement déformée, plusieurs centaines de kilos de blocs se sont effondrés sur les empilements de bidons et déchets. De l’eau s’est déjà infiltrée, et des fissures commencent à poindre. Malgré une tentative avortée de Nicolas Hulot et un combat sans relâche de la part des collectifs, l’état a tranché : Confiner les déchets et bétonner le site. Une économie dont ils devraient une nouvelle fois avoir honte. «Nous sommes plus que jamais déterminés à empêcher de prendre un tel risque pour nos enfants » déclare Céline, Gilet Jaune et maman, qui participe au rassemblement devant le site du 23 novembre dernier.

 

Pour en savoir plus : Collectif Destocamine : https://www.destocamine.fr/

 

 

 

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maudmargainaud
Passionnée et engagée, je suis toujours en quête de vérité. A l'écoute du mouvement des Gilets Jaunes depuis sa naissance, j'ai immédiatement été saisie par les mensonges des médias et ai souhaité participer au rétablissement de la vérité et la transmission d'informations réelles. Rejoindre Vécu a été pour moi l'opportunité de travailler au sein d'un média citoyen et indépendant dont l'éthique est irréprochable et coordonnée à mon système de valeurs. A travers des articles et des lives je tente de partager avec vous mon regard le plus impartial et militant.

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